# Bruit en open space et centre d'appels : interview Moumoute | Call Me Maybe

> Pourquoi votre open space résonne et épuise vos conseillers ? Réverbération, fatigue vocale, solutions : l'interview Moumoute, mesures avant/après à l'appui.

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Bruit en open space et centre d&apos;appels : interview MoumoutePourquoi votre open space résonne et épuise vos conseillers ? Réverbération, fatigue vocale, solutions : l&apos;interview Moumoute, mesures avant/après à l&apos;appui.Le bruit en open space et en centre d&apos;appels vient moins du volume des conversations que de la réverbération : sur les surfaces dures (vitres, béton, plafonds lisses), chaque voix rebondit et se mélange aux autres, si bien que tout le monde parle plus fort pour se faire entendre. Ce cercle vicieux produit une double fatigue, mentale (le cerveau filtre en permanence les conversations voisines) et vocale (on force sur sa voix sans s&apos;en rendre compte). La solution la plus efficace n&apos;est pas de demander aux équipes de « parler moins fort », mais de traiter la pièce avec des matériaux absorbants, qui réduisent le temps de réverbération. Sur deux chantiers mesurés par Moumoute, des panneaux en laine de mouton l&apos;ont fait baisser de 27 % et 43 %.

## 16 h 30, le plateau bourdonne
Lucie est conseillère depuis deux ans. Le matin, tout va bien. À 16 h 30, elle a l&apos;impression d&apos;avoir passé la journée dans une cantine scolaire. Son voisin de gauche explique une facture, celle de droite gère un client mécontent, et quelque part au fond, quelqu&apos;un rit très fort. Lucie monte le volume de son casque. Le client lui demande de répéter. Elle parle plus fort. Son voisin aussi.
Le soir, elle a mal à la tête et la gorge qui gratte. Elle n&apos;a pourtant ni crié ni couru un marathon. Elle a « juste » travaillé dans une pièce qui résonne.
Si vous dirigez un centre de relation client, vous connaissez ce bourdonnement. Et vous avez sûrement déjà entendu la solution maison : « Essayez de parler un peu moins fort. » Spoiler : ça ne marche pas.
Pour comprendre pourquoi, nous avons interrogé Samuel Petit, cofondateur de Moumoute, start-up lyonnaise venue à la première édition des Rencontres de la Relation Client du Grand Ouest. Son métier : transformer de la laine de mouton, que les éleveurs jettent faute de débouchés, en panneaux acoustiques. Oui, des moutons pour calmer vos plateaux. On vous explique.

## Le bruit, cette nuisance que personne ne voit

### Comment définiriez-vous le problème du bruit en open space et en centre d&apos;appels ?
« Le bruit n&apos;est pas juste une nuisance de fond : c&apos;est un outil de travail perturbé. Pour couvrir le bruit du voisin, on parle un peu plus fort, le voisin fait de même, et le volume global grimpe en flèche. C&apos;est une fatigue invisible mais épuisante pour les équipes. »
Les acousticiens ont un nom pour ce phénomène : l&apos;effet Lombard, ce réflexe qui nous pousse à hausser la voix dès que le bruit ambiant monte. En centre d&apos;appels, où la voix est l&apos;outil principal, il tourne à plein régime toute la journée.

### Pourquoi ce sujet est-il encore sous-estimé ?
« Parce que le bruit est invisible. Si un bureau est cassé, on le change direct. Si la pièce résonne, on dit juste aux gens de parler moins fort. C&apos;est une erreur : le bruit est une vraie usine à fatigue qui tue la concentration et booste le turn-over. »
Les chiffres lui donnent raison. Selon l&apos;INRS, les enquêtes de terrain convergent : au moins un salarié sur deux en open space est gêné par le bruit dans l&apos;exécution de son travail (fiche INRS « Le bruit dans les bureaux ouverts : comprendre pour agir », 2020). Et à l&apos;échelle du pays, l&apos;étude ADEME et Conseil national du bruit estime le coût social du bruit en milieu de travail à environ 21 milliards d&apos;euros par an (Banque des Territoires).

## Pourquoi votre plateau résonne

### Qu&apos;est-ce qui rend le bruit « diffus » et si difficile à traiter ?
« Le problème, c&apos;est l&apos;effet ricochet. Sur des parois dures (vitres, béton, plastique), les voix rebondissent et se mélangent pour créer un vrai brouillard sonore. Le bruit est partout à la fois, et c&apos;est ce flou permanent qui épuise le cerveau. »

### Pourquoi la réverbération est-elle un facteur clé ?
« La réverbération, c&apos;est l&apos;amplificateur du chaos. Dans un espace non traité, une phrase met plusieurs secondes à s&apos;éteindre : elle ricoche et s&apos;ajoute à la phrase suivante. Résultat, la pièce fabrique sa propre nuisance en tendant un rideau de bruit permanent qui force tout le monde à parler de plus en plus fort pour se faire entendre. »
Petit point vocabulaire, parce que ce chiffre va revenir : le temps de réverbération (noté Tr) mesure le temps qu&apos;il faut à un son pour s&apos;éteindre dans une pièce une fois la source coupée. Plus il est long, plus les voix se superposent. C&apos;est l&apos;indicateur que les acousticiens cherchent à faire baisser.

### Quels sont les impacts concrets sur les conseillers ?
« Le bruit en centre d&apos;appels, c&apos;est une double peine physique :
- une fatigue cérébrale, parce que le cerveau doit lutter sans arrêt pour filtrer les conversations des voisins ;
- une fatigue vocale, parce qu&apos;on force inconsciemment sur sa voix pour couvrir le chaos ambiant.
En fin de journée, les équipes sont littéralement vidées. Et il ne faut pas oublier la concentration et le stress, qui sont de vrais sujets de santé. »
Lucie, avec sa gorge qui gratte, coche les deux cases. Et ce n&apos;est pas qu&apos;une affaire de confort : un conseiller épuisé le fait sentir au client, c&apos;est tout le principe de la symétrie des attentions.

## La réponse de Moumoute : de la laine plutôt que du plastique

### Quelle est votre approche du traitement acoustique ?
« Notre approche, c&apos;est de soigner l&apos;acoustique sans polluer la pièce. On remplace les traditionnels panneaux synthétiques issus de la pétrochimie par de la laine brute et locale. C&apos;est une matière vivante, ultra-absorbante par nature, qui crée une bulle de confort feutrée tout en transformant les bureaux en véritables puits de carbone (bilan carbone négatif). »
Un peu de contexte : en France, près de 95 % de la laine de mouton n&apos;est pas valorisée, selon les fondateurs. Moumoute l&apos;achète 2 euros le kilo à des éleveurs des Monts du Lyonnais, de quoi couvrir au moins le coût de la tonte. Un grand panneau représente la laine d&apos;environ cinq moutons, et l&apos;assemblage est confié à un ESAT (établissement qui emploie des travailleurs en situation de handicap) près de Lyon. Le projet, né sur les bancs de l&apos;INSA Lyon, a reçu le Prix Lyon Entreprises à la Foire de Lyon en mars 2026.
Côté produits, trois formes à poser au mur ou suspendre au plafond : le Galet, le Disque et le Nuage.

### En quoi est-ce différent d&apos;un simple réaménagement ?
« Un simple aménagement réorganise la pièce, nous, on change son climat. Au lieu de juste déplacer des bureaux, on apporte une matière vivante et solidaire, la laine locale, qui absorbe l&apos;écho là où le mobilier classique se contente de le faire ricocher. »
Samuel a une autre image pour ça, reprise par France 3 : ces panneaux agissent avec le bruit « comme une éponge qui absorberait l&apos;eau ».

## Ce que ça change, mesures à l&apos;appui

### Comment mesurez-vous l&apos;amélioration ?
« On combine deux mesures : la physique et le ressenti. D&apos;un côté, on valide la baisse du temps de réverbération avec une vraie mesure acoustique. De l&apos;autre, on sonde les clients : le vrai intérêt, c&apos;est quand les collaborateurs nous disent qu&apos;ils sont satisfaits. »
C&apos;est d&apos;ailleurs la démarche que recommande l&apos;INRS, qui a créé un questionnaire dédié (GABO) parce que les mesures physiques seules ne suffisent pas à expliquer la gêne ressentie.

### Un exemple avant/après ?
Moumoute nous a transmis deux études de cas, mesurées avant et après la pose.
Cas n°1 : une salle de réunion de 12 m² (3 m sous plafond), au son jugé « désagréable » par ses occupants.
- 6 panneaux Galet suspendus au plafond, soit 2,1 m² de surface absorbante
- Temps de réverbération moyen : 1,28 s avant, 0,73 s après
- Résultat : -43 % (l&apos;objectif était de -30 %)
- Sensation auditive : de « désagréable » à « confort »
Cas n°2 : un restaurant de 22,7 m² avec 4,16 m sous plafond, jugé « bruyant ».
- 6 panneaux Galet de plus grand format, soit 7,5 m² de surface absorbante
- Temps de réverbération moyen : 0,83 s avant, 0,59 s après
- Résultat : -27 % (objectif : -25 %)
- Sensation auditive : de « bruyant » à « apaisée »
Une salle de réunion et un restaurant, ce n&apos;est pas un plateau de 80 conseillers. Mais le mécanisme est le même : des voix, des surfaces dures, et une pièce qui renvoie tout.

### Y a-t-il un effet immédiat ?
« Oui. Imaginez l&apos;avant/après d&apos;un appartement vide, puis meublé. Dès que les panneaux sont posés, l&apos;atmosphère s&apos;apaise d&apos;un coup. Les collaborateurs arrêtent de forcer sur leur voix, le volume global de la pièce descend naturellement et les retours sont unanimes : les équipes finissent enfin leurs journées sans avoir mal à la tête. »
Tout le monde a vécu ce moment où l&apos;on parle dans un appartement vide pendant un déménagement : ça résonne comme dans une cathédrale. Puis on installe le canapé et les rideaux, et la voix redevient normale. C&apos;est exactement ça.

### Quels changements les équipes remontent-elles le plus souvent ?
« La différence entre l&apos;avant et l&apos;après, l&apos;aspect visuel, et un effet indirect sur la performance : quand des solutions acoustiques sont présentes, ça donne envie de parler moins fort. »
&gt; « Si un bureau est cassé, on le change direct. Si la pièce résonne, on dit juste aux gens de parler moins fort. »

## Et demain ?

### À quoi ressemblerait un centre d&apos;appels idéal, côté acoustique ?
« Un espace où l&apos;on a cassé les grands volumes grâce à des îlots de laine suspendus et muraux. Un lieu feutré où la parole est immédiatement absorbée par la pièce, permettant à chaque conseiller de travailler dans sa propre bulle, sans jamais subir la voix du voisin. »

### Quelle place prendra le confort sonore dans les années à venir ?
« Le confort sonore va passer du statut de &quot;bonus bien-être&quot; à celui d&apos;enjeu de santé publique. Avec l&apos;essor des espaces partagés et la sensibilité croissante à la santé mentale, les entreprises vont réaliser qu&apos;un bureau qui résonne est un bureau qui se vide. L&apos;acoustique sera pensée dès le premier coup de crayon des architectes, et non plus pour corriger les erreurs après coup. »

## Ce qu&apos;on en retient chez Call Me Maybe
On parle beaucoup d&apos;outils, de scripts et d&apos;IA pour améliorer le travail des conseillers clientèle. On parle beaucoup moins de la pièce dans laquelle ils passent huit heures à parler. Trois réflexes à garder :
- Arrêter de demander aux gens de parler moins fort : si la pièce résonne, c&apos;est la pièce qu&apos;il faut traiter, pas les voix.
- Mesurer avant d&apos;agir : un temps de réverbération se mesure, et le ressenti des équipes se recueille (le questionnaire GABO de l&apos;INRS est gratuit). Les deux ensemble disent où agir.
- Penser l&apos;acoustique au même titre que les sièges et les écrans : c&apos;est un équipement de travail, pas de la décoration.
Le bruit fait partie de ces nuisances d&apos;open space dont on ne parle pas assez, comme le collègue qui sent fort. Sauf que contre la réverbération, il existe des solutions mesurables. Et Lucie pourrait enfin finir sa journée sans aspirine.
Pour découvrir les panneaux Moumoute, consultez leur fiche dans notre annuaire de solutions.
Merci à Samuel Petit et à toute l&apos;équipe Moumoute d&apos;avoir répondu à nos questions, et d&apos;être venus nous voir lors de la première édition des Rencontres de la Relation Client du Grand Ouest.
